Le guide ultime pour réussir à lever des fonds pour sa start-up

Par Axelle Drack
Le 20/04/2022
how-to backgroundLe guide ultime pour réussir à lever des fonds pour sa start-up

De l’ambition pour votre entreprise ? Vous en avez ! Et ça, les investisseurs adorent.

Ça tombe bien, l’argent est le seul frein qui vous empêche (pour le moment) d’atteindre vos objectifs et de faire fructifier votre entreprise à son plein potentiel. Les annonces de levées de fonds des autres start-up dans les médias vous font rêver… et si c’était enfin votre tour ?

Oui mais, par où commencer ? Qui contacter ? Quelles sont les étapes à franchir pour lever ces fonds précieux et indispensables réaliser vos projets ?

On vous a concocté ce guide de la levée de fonds pour vous aider à lever la somme dont vous avez besoin. De la préparation du dossier, aux négociations, en passant par la réussite de votre pitch devant les investisseurs, on vous dit tout !

#1 - Préparer un dossier en béton

Le business plan

Réaliser un business plan est une condition sine qua none pour convaincre des investisseurs de vous accompagner dans votre projet en levant des fonds.

Son objectif est de formaliser par écrit de manière assez précise, concrète et structurée, le fait que votre entreprise a du potentiel et qu’elle est capable d’être rentable et de générer de la valeur (ce dernier point intéresse particulièrement les investisseurs).

Cela leur permet :

  • de vérifier le sérieux du projet,
  • d’évaluer les risques,
  • de comprendre comment leurs fonds vont être utilisés,
  • de se projeter sur un retour sur investissement.

Le business plan est en quelque sorte le reflet de votre ambition pour votre entreprise et de votre capacité à réaliser les objectifs fixés.

De quoi se compose-t-il ? Voici les différentes parties qui doivent y figurer :

  1. Description de l’entreprise - Sa structure juridique, le nombre d’employés, sa mission, son historique, sa culture, etc. Vous pouvez y inclure tous les éléments que vous jugerez pertinents pour que les investisseurs potentiels saisissent l’essence de votre activité.

  2. Présentation de l’équipe - L’histoire des membres fondateurs avec leurs domaines d’expertises respectifs, ainsi que les compétences clés des salariés.

  3. Présentation de l’offre - Quels sont les produits et les services proposés, ceux qui seront éventuellement mis sur le marché à l’avenir pour compléter l’offre.

  4. Le marché et la cible - Montrez qu’il existe un marché (et donc des acheteurs potentiels) et que vous connaissez bien tous les éléments de contexte. Évaluer la taille de ce marché permettra de faire des projections de chiffre d’affaires. Enfin, donnez des détails sur la cible pour montrer que vous connaissez les problèmes qu’elle rencontre et ses aspirations.

  5. La concurrence - On est rarement la seule entreprise sur un marché, et ce n’est pas une si mauvaise chose, car cela prouve bien que le marché est actif. Listez vos concurrents et décrivez comment vous vous positionnez face à eux, et quels sont vos points différenciants pour vous démarquer.

  6. Le modèle économique - Comment allez-vous générer de l’argent avec votre produit ou votre service ? À quel prix sera-t-il mis sur le marché et quelle sera la marge brute ? Combien d’unités allez-vous vendre ? Quand serez-vous rentable ? Cette section aidera les investisseurs à évaluer le retour sur investissement de leurs fonds.

  7. La stratégie marketing - Détaillez comment vous comptez atteindre votre cible, par quels canaux d’acquisition, quelles sont les actions de communication que vous envisagez de mettre en place.

  8. Le financement nécessaire - Détaillez votre planification financière, c’est-à-dire les capitaux nécessaires à la réalisation du projet et de quelle façon les fonds seront utilisés. C’est le moment où vous allez valoriser votre entreprise en mettant en avant les avantages pécuniaires et les garanties pour ceux qui rejoindront l’aventure. Présentez un maximum d’éléments factuels qui appuient vos projections à 1, 2 et 3 ans, afin de montrer qu’elles sont réalistes. Il s’agit de les faire rêver un peu, mais pas trop !

  9. L’étude des risques - Le risque zéro n’existe pas ! Il est important d’être lucide et réaliste, et de jouer la transparence sur les risques que vous avez identifiés pour votre projet. Idéalement, montrez que vous savez anticiper en présentant des actions concrètes pour vous en prémunir du mieux possible.

Et puisque c’est toujours utile de s’inspirer de ce que les autres ont déjà fait, nous vous invitons à télécharger nos deux modèles de business plan :

Business Plan : 2 modèles gratuits à télécharger

Télécharger

L’executive summary

L’executive summary est un document d’environ 2 pages, qui résume les éléments clés de votre business plan.

C’est lui que vous enverrez dans un premier temps aux investisseurs que vous convoitez, pour leur donner envie de vous rencontrer. Il faut donc réussir à susciter de l’intérêt pour votre projet, et à convaincre de son sérieux de façon concise (mais impactante).

Voici les questions auxquelles il doit répondre pour être suffisamment complet :

  • Quelle est la mission de l’entreprise ? Que vend-elle ?
  • À quel type de chef·fe d’entreprise a-t-on à faire ?
  • Quelle est la cible ? La stratégie pour la toucher ?
  • Quel est le montant demandé ? Comment sera-t-il dépensé ?
  • Quel sera le retour sur investissement ?

#2 - Trouver et contacter des investisseurs

Votre dossier est solide et vous êtes prêt·e à défendre votre projet auprès des investisseurs ! Oui, mais au fait, à qui pitcher votre start-up ? Comment trouver des personnes susceptibles d’être intéressées par le fait d’investir dans votre boite ?

Déjà, suivant le montant dont vous avez besoin, vous n’allez pas rechercher et contacter le même type d’investisseur. Le schéma ci-dessous l’explique bien :

levées de fonds© La Fabrique du net

Faire appel à un leveur de fonds ?

C’est une chose tout à fait courante dans le milieu : faire appel à un expert, moyennant une contribution financière.

Vous faire accompagner par un leveur de fonds peut être particulièrement rassurant si c’est la première fois que vous vous prêtez à l’exercice, ou bien si vous n’avez que peu de temps à y accorder. Dans ces cas, autant déléguer !

Son expérience et sa connaissance du milieu peuvent vous être utiles pour :

  • cibler les investisseurs les plus prometteurs,
  • éviter les erreurs de débutant (comme demander trop peu, par exemple),
  • et gagner du temps sur des processus parfois longs.

Il vous en coûtera entre 5 et 7 % du montant levé.

Comment choisir ses investisseurs ?

Oui, vous avez (cruellement) besoin d’argent, mais ce n’est pas pour autant qu’il faut aller frapper à la porte de n’importe qui.

Lever des fonds, c’est bien plus qu’une simple question d’argent, car les personnes et les structures qui vont apporter des fonds dans votre entreprise vont vous accompagner tout au long de votre projet. C’est un partenariat et une véritable relation de confiance sur du moyen/long terme que vous allez nouer.

Il faudra s’assurer que ces personnes partagent vos ambitions et soient les plus compétentes pour vous aider à mener l’entreprise là où vous souhaitez.

Leur domaine d’expertise et leur réseau doivent pouvoir vous profiter !

Les types d’investisseurs et où les trouver ?

Les Business Angels

Ce sont des personnes physiques qui investissent leurs fonds personnels dans des entreprises innovantes. Elles et ils sont bien souvent des chef·fe·s d’entreprise qui ont une expérience de l’entrepreneuriat, et ont peut-être déjà vendu avec succès leur entreprise.

Cette expérience peut d’ailleurs s’avérer très intéressante pour vous, car votre ange bienfaiteur dispose souvent d’un réseau qualifié et aura de précieux conseils à vous partager sur comment faire prospérer votre entreprise. Plus que son argent, elle·il s’investit personnellement dans votre entreprise.

🤝 Pour qui ?

  • les entreprises innovantes ou à fort potentiel de croissance,
  • dans une phase de création ou d’amorçage,
  • qui ont un besoin financier situé entre 100 000 et 500 000 euros (voire 1 million).

🧐 Où les trouver ?

Le moyen le plus facile de les trouver n’est pas au paradis, mais sur le site de l’association France Angels, qui regroupe pas moins de 64 réseaux ainsi que des Business Angels Individuels.

Vous pouvez choisir votre réseau en fonction de :

  • votre emplacement géographique,
  • la thématique de votre entreprise.

📞 Comment les contacter ?

Le processus est simple (et plutôt rapide) :

  1. Identifiez le réseau le plus adéquat sur cette page
  2. Rendez-vous sur son site pour prendre contact
  3. Déposez votre dossier
  4. Votre candidature sera étudiée et vous aurez une réponse sous 3 semaines
  5. Si vous êtes sélectionné·e, vous pourrez pitcher votre projet en personne

Sinon, vous pouvez effectuer vos propres recherches, dans votre réseau ou via LinkedIn par exemple. Tapez « business angel » dans la barre de recherche, et de nombreux profils ressortiront. Il vous faudra ensuite faire un travail d’investigation sur leurs secteurs d’activité privilégiés, et vérifier s’ils ont bien l’habitude d’investir à votre stade de développement.

Prenez ensuite contact en leur envoyant votre executive summary afin d’éveiller leur curiosité. S’ils manifestent un intérêt, vous pourrez leur transmettre votre business plan détaillé. S’ils veulent aller plus loin, un rendez-vous en personne.

Les fonds de capital-risque

Ces structures ont la particularité d’intervenir assez tôt dans la vie d’une start-up. Elles sont aussi connues sous le nom de Venture Capital, ou VC.

Leur objectif ? Investir le plus tôt possible dans des entreprises à très haut potentiel, à un moment où le risque est plus élevé, et les accompagner pendant 5 à 7 ans. L’idée est de réaliser une belle plus-value à la sortie (et le plus tôt est le mieux).

🤝 Pour qui ?

  • les entreprises innovantes ou à fort potentiel de croissance,
  • dans une phase de création ou d’amorçage
  • qui ont un besoin financier situé entre 500 000 et 10 millions d’euros.

🧐 Où les trouver ?

Ces fonds d’investissement sont regroupés dans l’association France Invest, qui rassemble des centaines de structures d’investissement, de tout type et de tout secteur.

Rendez-vous sur l’annuaire de ses membres, qui vous permet, grâce à des filtres, de trouver les fonds adéquats à contacter en fonction de votre projet (type d’investissement, montant recherché, secteur et zone géographique).

📞 Comment les contacter ?

Les coordonnées (site internet, email et numéro de téléphone) sont inscrites dans l’annuaire. Vous n’avez plus qu’à consulter les informations du site internet pour les contacter de la meilleure des façons, et prendre connaissance du processus et des modalités.

Les fonds capital-développement

Ces structures ont vocation à financer en fonds propres des entreprises ayant atteint une certaine maturité. Elles sont toujours en croissance et ont besoin de liquidités pour continuer leur expansion et atteindre le palier supérieur.

Le capital-développement prend moins de risques que le capital-risque. À ce stade, les start-ups concernées ont déjà atteint la rentabilité et prouvé leur business model. Elles ont surtout besoin d’argent pour alimenter leur croissance.

🤝 Pour qui ?

  • les entreprises qui ont atteint une certaine taille et sont en croissance,
  • qui ont prouvé l’adéquation entre leur produit et le marché,
  • sont déjà rentables.

🧐 Où les trouver ?

Tout comme les VC, vous pouvez retrouver ces fonds sur le site de l’association France Invest. Revoici le lien de l’annuaire pour dénicher vos investisseurs idéaux !

📞 Comment les contacter ?

Les coordonnées (site internet, email et numéro de téléphone) sont inscrites dans l’annuaire. Vous n’avez plus qu’à consulter les informations du site internet pour les contacter de la meilleure des façons, et prendre connaissance du processus et des modalités.

Les questions à leur poser

Eh oui, il n’y a pas que les investisseurs qui posent les questions ! Ce futur partenariat est une relation réciproque, et vous êtes en droit de poser les bonnes questions pour vous assurer que cette personne qui va entrer au capital sera la bonne.

Voici une liste de questions à poser aux (futurs) investisseurs :

Que pouvez-vous apporter à mon entreprise en complément de votre investissement (carnet d’adresse, expérience, connaissances sectorielles, etc.) ?

➡️ Si vous êtes éditeur d’un logiciel SaaS dans les ressources humaines, avoir des experts du SaaS et des ressources humaines dans votre équipe est un sacré avantage.

Quelle est la durée du processus ? 

➡️ Cette dernière varie selon à qui vous demandez des fonds. Si un seul Business Angel prend la décision, cela peut aller plus vite qu'avec un réseau qui comprend de multiples décideurs et a des processus bien rodés.

Quelles sont les prochaines étapes du processus ?

➡️ Si le déroulement du processus n’est pas encore clair, n’hésitez pas à poser la question. Cela vous permettra de bien vous préparer en amont de chaque étape pour maximiser vos chances de passer au niveau d’après à chaque fois.

Quels sont vos critères pour investir dans une entreprise ?

➡️ La réponse à cette question vous permettra d’évaluer vos chances de réussite par rapport aux attentes d’un investisseur en particulier. En effet, le niveau d’exigence n’est pas forcément le même partout.

Avez-vous des exemples d’entreprises dans lesquelles vous avez investi ? Est-il possible d’avoir leurs coordonnées pour les contacter ?

➡️ Cette question permet de savoir notamment si vous avez affaire à des investisseurs actifs ou non, de connaître leur rythme d’investissement et le type d’entreprise qui les séduit. S’ils vous donnent les coordonnées de chefs d’entreprises qu’ils accompagnent, c’est plutôt bon signe sur la qualité de leurs relations.

Quelles sont vos possibilités / capacités d’investissement ?

➡️ Question essentielle pour ne pas vous faire perdre de temps. Si un intérêt est manifesté, mais que les capacités d’investissement ne peuvent pas suivre vos ambitions, c’est next !

Quelle est votre position sur le réinvestissement ? Avez-vous une stratégie à ce sujet ?

➡️ Il est probable que vous ayez à nouveau besoin de lever des fonds dans quelques mois ou quelques années pour continuer à soutenir votre développement. Cette question permet de connaître l’ouverture des potentiels investisseurs sur le sujet.

#3 - Convaincre du potentiel de votre start-up

Créer un pitch deck irrésistible

Le pitch deck, c’est le support que vous allez utiliser lors de votre présentation aux investisseurs. Il doit mettre en valeur et soutenir votre discours lors du pitch aux investisseurs.

Un pitch ne devant pas excéder 10 minutes, il doit être à la fois concis et suffisamment convaincant pour créer le déclic chez les investisseurs, en 10 à 15 slides environ (classiquement, un PowerPoint).

Les slides à faire figurer

S’il n’y a pas de formalisme officiel pour cet exercice, voici néanmoins les slides qui doivent apparaître :

  • Première slide - Autrement dit, la première impression que vous allez faire. Elle va généralement contenir le nom de l’entreprise ou du produit, le logo, la baseline, et éventuellement un mockup ou une photo. Cette slide est comme une invitation à venir dans votre univers.

  • Présentation de l’équipe - Cette slide peut apparaître au début ou à la fin du pitch deck, c’est vous qui jugerez du moment opportun pour présenter votre team. Mettez les noms et prénoms de chacun avec une photo, leurs compétences et leur expérience. Les investisseurs sont rassurés par la complémentarité d’une équipe pour mener un projet à bien.

  • Le constat / problème - On doit voir quels sont les pain points et qui ils impactent, les conséquences, qu’est-ce qui est vécu ou ressenti. Là encore, on n’hésite pas à utiliser le storytelling.

  • Le marché - L’état du marché actuel, comment il va évoluer dans l’avenir (taille du marché / cb de personnes, valeur en euros, croissance évolution).

  • Votre stratégie d’attaque du marché - Quels canaux comptez-vous utiliser pour toucher la cible ? Avez-vous les ressources internes ou faut-il faire appel à des services externes plus qualifiés ? Cette partie montre aux investisseurs votre façon d’élaborer une stratégie, la connaissance de votre cible et comment vous voyez les choses pour l’atteindre le mieux possible, en fonction du budget disponible.

  • La validation du marché - Cette slide doit être très concrète et factuelle. Elle doit prouver en quelque sorte que le marché visé est existant ou particulièrement prometteur. Utilisez des études de marché, les chiffres de la concurrence, et vos propres chiffres si vous avez déjà des premiers clients.

  • Avantages concurrentiels - Une bonne vieille matrice concurrentielle visuelle est idéale pour faire comprendre en un coup d’œil où vous vous situez sur le marché par rapport à vos concurrents, quels sont vos avantages différenciants et éventuellement vos points faibles.

  • Business model et KPIs - C’est la partie financière de votre projet ! Comment génèrez-vous ou comptez-vous générer des revenus, le prix final de vente et la marge brute que vous allez dégager, quel est votre positionnement sur le marché avec le prix fixé. Cela permettra aux investisseurs de comprendre le potentiel financier de votre entreprise, et donc leurs futurs gains.

  • La valeur proposée - En une phrase, montrez comment votre produit ou votre service résout le problème énoncé. Elle doit être courte, percutante, mémorable, mais surtout compréhensible de tous : soyez pédagogues. Faites-le test : si vos parents ne comprennent pas la valeur de votre entreprise en une phrase, recommencez !

  • Votre produit (autrement dit la solution) - Ici on va un peu plus détailler sans pour autant s’étendre sur comment on résout le ou les problèmes de la cible. Vous pouvez choisir trois ou quatre éléments clés.

  • La roadmap - Offrez un voyage dans le temps à vos interlocuteurs ! Une timeline toute simple est parfaite pour leur montrer d’où vous partez, où vous en êtes et comment vous voyez concrètement l’avenir pour votre entreprise. Cela permet de montrer ce que vous avez déjà accompli et d’afficher clairement vos objectifs.

  • La demande de fonds - Enfin on y vient ! Ici, détaillez de quel montant vous avez besoin, comment l’argent sera utilisé, les autres sources de revenus, comment le CA généré sera réinjecté, dans l’entreprise, etc.

  • Dernière slide - Terminer sur la vision, la dernière phrase est celle dont votre auditoire se rappellera, alors soignez-la bien.

Quelques conseils

Voici quelques astuces toutes simples pour réussir votre support de présentation de pitch :

  • réalisez votre présentation au format 16:9, que ce soit un PowerPoint, un Canva ou autre ;
  • employez des éléments concrets, que ce soit des chiffres ou de vrais témoignages, pour rassurer vos futurs investisseurs ;
  • limitez-vous à une thématique par diapositive (ne surchargez pas) ;
  • veillez à une certaine homogénéité visuelle sur tout le document ;
  • n’abusez pas du texte et usez d’éléments visuels comme des graphiques, des schémas ou des photos ;
  • faites apparaître plusieurs fois le nom de votre produit ou de votre service pour qu’il s’imprègne bien dans les esprits.

Préparer son pitch elevator

C’est peut-être le moment le plus crucial de toute la belle épopée de votre levée de fonds, ou tout du moins celle où tout peut basculer.

Il s’agit du moment où vous allez faire votre pitch devant les investisseurs. Pourquoi pitch elevator (ascenseur en français) ? Il faut s’imaginer que vous prenez l’ascenseur avec quelqu’un d’important et que vous n’avez que très peu de temps pour accrocher son intention et le convaincre. Avec les investisseurs, c’est un peu la même chose car ils voient passer beaucoup de présentations de projets. Ils ont donc peu de temps et surtout ils ont le choix. Il faut donc être convaincant·e, en 10 minutes maximum.

Votre pitch deck est prêt, il va maintenant falloir mettre les bouchées doubles sur la préparation de la partie orale.

Les 30 premières secondes

Le tout début, c’est le moment le plus stratégique de toute la présentation (rien que ça). L’enjeu ? Accrocher l’attention d’humains qui sont peut-être en pleine digestion ou risquent de vite s’évader dans leurs pensées. C’est un sacré challenge !

Pour ce faire, il va falloir trouver THE accroche. Voici quelques exemples de techniques qui ont fait leurs preuves :

  • l’anecdote personnelle est une bonne façon d’amorcer la présentation avec authenticité, particulièrement si votre entreprise part de la nécessité de résoudre un problème que vous avez rencontré ;
  • l’histoire vraie d’un client, qui donnera du contexte et de la crédibilité et aidera les investisseurs à se projeter plus facilement ;
  • la question qui attend une réponse, idéale pour engager vos interlocuteurs et instaurer une certaine dynamique dès le début de la présentation ;
  • la blague, uniquement si vous savez manier l’humour et que vous êtes à peu près sûr·e qu’elle fera rire (ou tout du moins sourire) votre auditoire.

Se préparer à l’exercice des questions

Des questions à la fin de votre présentation, vous en aurez, c’est une certitude. Maintenant lesquelles vous seront posées ? C’est difficile à prévoir.

Tout dépendra de ce que vous aurez fourni en amont. Si votre business plan est suffisamment complet, et que votre pitch était clair et convaincant, les questions ne devraient pas porter sur votre marché ou votre produit, puisque tout aura été clair.

Attendez-vous à des questions plus personnelles. Les investisseurs ont besoin de savoir qu’ils peuvent vous faire confiance, et de vous connaître un peu mieux avant de se lancer avec vous. Ils essaieront peut-être de tester vos réactions avec des questions délicates pour voir comment vous réagissez en tant que chef d’entreprise.

Par exemple :

  • avez-vous un réseau sur lequel vous appuyer ?
  • que ferez-vous en cas d’échec de vos prévisions ?
  • avez-vous des doutes ou des peurs ?
  • quelles sont vos qualités pour atteindre les objectifs fixés ?
  • quand l’entreprise sera rentable d’après vous ?

Notre conseil : restez honnête et authentique. N’essayez pas de noyer un gros poisson, cela risque de se voir, ou d’exagérer vos points forts. Les investisseurs apprécient la sincérité, et ils savent bien que tout n’est pas rose.

#4 - Formaliser l’intérêt des investisseurs

La lettre d’intention

La lettre d’intention est le tout premier document formalisé qui valide sérieusement l’intérêt du ou des investisseurs pour apporter des fonds à votre entreprise. Pour autant, elle ne constitue pas un engagement au sens légal, et les parties pourront se retirer (mais devront respecter les clauses signées). Elle rend compte des éléments déjà négociés, et ceux qu’il reste à cadrer.

Sa rédaction et sa signature incombent à l’investisseur, qui pourra se faire aider d’un·e juriste. Vous n’aurez plus qu’à la contresigner pour exprimer votre accord avec son contenu.

Mais que peut-on retrouver dedans ?

  • les informations sur l’entreprise,
  • le montant des apports,
  • les conditions de financement,
  • une clause de bonne foi,
  • une clause de confidentialité,
  • une clause d’exclusivité,
  • une clause d’arbitrage,
  • les éléments actés,
  • les éléments à débattre, etc.

La due diligence

Non obligatoire (mais fortement conseillée), la due diligence est un ensemble de vérifications effectuées par les futurs investisseurs sur l’entreprise qui lève des fonds, afin de s’assurer que sa situation est saine à différents niveaux.

L’idée est de pouvoir déceler d’éventuelles fraudes, non-conformités ou irrégularités qui pourraient représenter un risque pour les investisseurs à court ou long terme, pour s’engager en pleine connaissance de cause et éviter les mauvaises surprises.

Les forces et les risques de l’entreprise sont étudiés à différents niveaux :

  • Comptable, pour rendre compte de la santé financière de l’entreprise. Ainsi, ses actifs, ses dettes, sa trésorerie et ses prévisions seront analysées.
  • Juridique. Il s’agit de vérifier les documents officiels de l’entreprise au sens large pour s’assurer qu’ils sont bien en règle (contrats de travail, contrats fournisseurs, propriété intellectuelle, licences, etc.).
  • Technique, pour avoir un état des lieux des différentes technologies utilisées, les moyens déployés pour la cybersécurité, le respect du RGPD, l’état du matériel et des infrastructures informatiques, etc.
  • Ressources humaines. Il est intéressant de se faire une idée des effectifs de l’entreprise, de son organisation, des salaires, de sa culture, etc.
  • Environnemental. Plus ou moins poussée selon le type d’entreprise (bureau vs usine), elle analyse l’impact environnemental, le respect des normes en vigueur, et les investissements réalisés ou prévus pour gérer sa responsabilité.
  • Commercial. Cette étude consiste principalement à effectuer une analyse de marché pour y positionner l’entreprise dans son environnement (taille du marché, concurrence, potentiel, etc.), et faire ressortir les risques et les opportunités.
  • Fiscal. Quelles sont les obligations auxquelles l’entreprise est soumise ? Sont-elles bien respectées ?

L’investisseur confie généralement cette tâche à un ensemble d’experts qui seront les plus à même d’évaluer votre entreprise.

Cette période de due diligence débute généralement après la lettre d’intention et avant la date officielle d’apport des fonds.

#5 - Les négociations et la finalisation de la levée de fonds

Les négociations

Le plus dur est fait : vous avez réussi à convaincre un ou plusieurs investisseurs de mettre des billes dans votre projet 🎉.

Mais ne vous réjouissez pas trop vite, la dernière étape est cruciale et pas la moins fastidieuse.

Il faut maintenant parvenir à un accord sur toutes les modalités de la levée de fonds. Afin de maximiser le succès de cette étape, il faut trouver le juste milieu entre les intérêts des deux parties :

  • un investissement sécurisé avec des perspectives de plus-value pour l’apporteur de fonds ;
  • des liquidités pour faire évoluer l’entreprise en diluant son contrôle au minimum pour l’entrepreneur·e.

Si les accords pris respectent bien ces intérêts, alors tout le monde sera gagnant. C’est tout bon ? Alors on passe à la partie administrative (joie !).

Les formalités du closing

Vous en êtes à la dernière étape, qui s’avère être le début d’une nouvelle aventure pour l’entreprise ! Il ne manque « plus qu’à » tout formaliser, et le tour est joué.

  • L’assemblée générale extraordinaire pour faire voter aux actionnaires l’augmentation de capital et l’arrivée des nouvelles personnes. C’est à ce moment-là que sera signé le pacte d’actionnaires et que l’émission des bulletins de souscription aura lieu. Il vous faudra donc préparer les documents ainsi que les résolutions et propositions à faire voter.
  • Le pacte d’actionnaires (pour les SAS) ou le pacte d’associés (SARL). C’est le contrat qui vous lie à vos nouveaux associés ! Son contenu est confidentiel et permet de formaliser légalement toutes les modalités de votre relation, et notamment les modalités de sortie des investisseurs.
    • Les bulletins de souscription devront être signés par les investisseurs pour formaliser l’augmentation de capital via le montant des fonds investis dans la société.
  • Le dépôt des fonds à la banque par les investisseurs fera l’objet de l’émission d’un certificat de dépôt, qui attestera que les fonds ont bien été déposés sur le compte bancaire bloqué.

  • L’enregistrement des statuts au greffe du tribunal de commerce via le formulaire CERRFA M2.

  • La publication dans un journal d’annonces légales du département de votre siège social. Consultez la liste des journaux habilités pour ces publications. Concernant le coût de la formalité, voici la tarification au forfait en vigueur :

tarif publication JAL© Service public

Eh bien voilà, cette fois la levée de fonds est vraiment terminée. Félicitations ! 🎉

On peut réussir sans lever de fonds !

Même si on peut parfois penser le contraire, les levées de fonds ne sont pas le seul moyen pour réussir.

De nombreuses start-up ont réussi à connaitre une croissance fulgurante sans lever des fonds, par exemple Toucan Toco, Voyage Privé, Theodo ou encore Team Mood.

Pas de panique donc si votre processus de levée de fonds n’aboutit pas : il existe différents chemins pour atteindre un même objectif.

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