Le C.H.O : tous pour un et un pour tous

Le C.H.O : tous pour un et un pour tous

Le Chief Happiness Officer fait couler beaucoup d’encre et a le don de susciter de nombreuses réactions. Cela peut se comprendre lorsqu’on traduit cet anglicisme par « Responsable du Bonheur au Travail ». Cela sous-entendrait qu’une personne dans l’entreprise aurait le pouvoir d’être responsable du bonheur de ses collaborateurs. Mais soyons clair, personne ne peut être responsable du bonheur des autres !

D’autant que le bonheur de chacun est une quête personnelle déjà suffisamment complexe à définir pour soi-même.

Pour comprendre le véritable rôle du C.H.O., il ne faut pas s’arrêter à son titre ou à ce que vous lirez dans la presse ou entendrez dans les médias. Derrière ce poste se cache une véritable richesse de par les missions qui incombent au C.H.O. et par l’avantage stratégique qu’il représente pour l’entreprise dans sa globalité.

Cet article vous propose de redonner au Chief Happiness Officer toutes ses lettres de noblesse. Alors, voyons ce qui se cache réellement derrière cette figure emblématique qu’est le C.H.O. et qui pourrait bel et bien révolutionner notre façon de vivre le travail.

Sommaire :

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Quelle est l’origine du C.H.O. ?

La fonction de C.H.O. a été initiée dans la Silicon Valley durant les années 2000 par Chade-Meng Tan, un ingénieur chez Google qui occupait à l’époque le poste de « Jolly Good Fellow », comprenez « joyeux camarade », et était en charge du développement personnel dans l’entreprise.

Puis, le métier a commencé à se démocratiser il y a 10 ans aux États-Unis après que Tony Hsieh, CEO de l’entreprise Zappos et auteur de l’inspirant livre « L’entreprise du bonheur », ai décidé de troquer son rôle de CEO au profit de celui de CHO, convaincu que ses salariés ne pouvaient pas délivrer du bonheur aux clients si le bonheur n’était pas au cœur de la stratégie d’entreprise.

Mais il faudra attendre de nombreuses années pour que le métier arrive en Europe.

C’est notamment Laurence Vanhée, ancienne DRH et auteur de « Happy RH », qui va démocratiser ce métier en révolutionnant le ministère de la sécurité sociale belge, profondément convaincue que le bonheur au travail est un levier de performance durable pour les organisations.

Pourquoi en parle-t-on autant ?

L’avènement du métier de C.H.O. apporte une réponse concrète à la nécessaire évolution et transformation des entreprises aujourd’hui. Nous faisons actuellement face à trois constats.

1. La qualité de vie au travail se dégrade

Si tous les médias s’emparent du sujet du bien-être au travail, voire du bonheur au travail, très paradoxalement la souffrance au travail est encore une réalité pour bon nombre de personnes. Une souffrance qui revêt des formes de plus en plus différentes. Après le burn-out, le brown-out (ennui au travail) et le bore-out (perte de sens au travail) sont le quotidien de beaucoup de salarié•e•s.

2. On connaît l’impact positif du bien-être au travail sur la performance

On est aujourd’hui capable de démontrer scientifiquement tous les bénéfices qu’apporte une démarche de bien-être au travail dans une organisation. On sait, preuve à l’appui, que le management par la pression est contre-productif. Il n’y a donc aucune raison valable de ne pas tendre vers des entreprises plus humanistes qui mettent le bien-être collaborateur au cœur de la stratégie.

3. Les jeunes générations sont en quête de sens

L’arrivée des Millenials sur le marché de l’emploi bouleverse fondamentalement le rapport au travail et donc le monde de l’entreprise. Avec les nouveaux usages liés au numérique, le développement des projets collaboratifs et une envie de plus en plus affirmée de s’accomplir personnellement, les jeunes actifs qui entrent sur le marché du travail sont en quête de sens, d’autonomie et souvent réfractaires à la hiérarchie.

Toutes ces composantes bouleversent le monde du travail et imposent aux entreprises de se transformer rapidement pour faire face à un monde qui change très vite (on parle de monde VUCA - Volatile, Incertain, Complexe & Ambigu) et qui exerce une pression continue sur le business et donc aussi sur les collaborateurs au sein des entreprises.

Il y a urgence et les chiffres parlent d’eux-mêmes. En France, à peine 11 % des salariés se sentent pleinement engagés dans leur travail ; 1 sur 2 ressent une fatigue liée à une surcharge de travail extrême ; 63 % se disent concernés par le risque d’épuisement professionnel…

Dans ce contexte, le Chief Happiness Officer va avoir un rôle clé pour réenchanter le lieu de travail et offrir aux collaborateurs une expérience salarié qui profite non seulement à l’épanouissement de chacun et à la performance de l’entreprise. C’est un vrai cercle vertueux.

Pourquoi le C.H.O. est-il stratégique ?

Rendre ses salariés heureux pour avoir des clients heureux

La croissance et la richesse d’une entreprise s’appuient sur deux principaux piliers : le client et l’employé. « Le client est roi », dit-on. Il est donc naturel de prendre de nombreuses initiatives vis-à-vis du client pour lui apporter une qualité de service optimal, assurer son entière satisfaction et le rendre heureux de travailler avec nous.

Mais jusqu’à présent, s’est-on réellement questionné sur les initiatives prises en faveur des employé•e•s ? Parce qu’en y réfléchissant, pour qu’un employé puisse délivrer une bonne expérience client, ne doit-il pas d’abord lui-même avoir une bonne expérience collaborateur ?

Le C.H.O. est donc là pour permettre de développer un climat positif en faveur d’une expérience collaborateur réussie qui profite aux clients. Parce que pour réenchanter l’expérience client, il faut commencer par les collaborateurs. Et il faut une personne pour impulser la démarche.

Le bien-être des salariés est vecteur de performance

Laurence Vanhee, célèbre CHO, l’affirme : « Le bonheur au travail n’a de sens que s’il rime avec performance ». Et aujourd’hui les nombreuses études démontrent que le bien-être est un des premiers facteurs de la performance individuelle et collective. Elles mettent en avant combien il est important que les salariés soient heureux et se sentent bien dans ce qu’ils font, appréciés, considérés à leur juste valeur.

Un salarié heureux c’est un salarié moins stressé, moins absent, moins malade, plus efficace, créatif et engagé dans son entreprise. Au-delà des véritables impératifs humanistes, un salarié heureux contribue donc à la prospérité de l’entreprise et à son image de marque.

Et plus la fonction de C.H.O. va avoir une orientation disons « RH », en s’assurant que l’ensemble des process RH favorisent l’épanouissement des collaborateurs, et « organisationnelle », en travaillant sur l’organisation même du travail et le modèle de gouvernance, plus son impact va être fort et positif sur l’organisation elle-même.

Le C.H.O. est-il un clown d’entreprise ?

L’image de Mr/Mme Bonheur qu’a le C.H.O. dans les entreprises est souvent décriée. Il est en effet assez facile de critiquer son rôle en faisant des raccourcis pour dire que le C.H.O. est celui ou celle qui organise les parties de babyfoot ou distribue les fruits frais dans toute l’entreprise. C’est malheureusement l’image qui est dépeinte dans la plupart des médias qui n’ont pas su aller plus loin que le titre de « Responsable du Bonheur au Travail », qui peut effectivement faire sourire.

D’autant que de nombreuses entreprises, désireuses de redorer leur marque employeur, n’ont pas manqué de s’emparer du sujet pour officialiser un poste de C.H.O. en interne, sans aucune démarche de bien-être au travail sincère et authentique sur le fond.

Le rôle du C.H.O. fait se poser aussi la question de la responsabilité du bien-être au travail. Qui est responsable ? Il est fondamental de comprendre que le C.H.O. n’est pas là pour porter la responsabilité à proprement parler du bien-être au travail, mais plutôt d’initier et impulser la démarche dans une entreprise, tout comme un responsable projet, lance la mise en actions d’un projet avec son équipe. Le bien-être c’est une démarche collective et une responsabilité de chacun et de tous.

Le C.H.O. va effectivement travailler sur les conditions et les processus qui favorisent l’épanouissement des collaborateurs, mais va aussi s’assurer de trouver des relais en interne pour faire en sorte que la démarche soit portée par tous, à commencer par la direction qui doit être exemplaire sur ce sujet du bien-être au travail.

La mission du C.H.O. c’est de tout mettre en œuvre pour créer une culture d’entreprise positive, bien au-delà des cafés gratuits, massages et autres cours de yoga.

Ses missions

Il n’y a pas de fiche de poste prédéfinie, car les actions à mener diffèrent nettement d’une entreprise à l’autre. Mais une chose est immuable : pour être bien au travail, nous avons besoin de sens, d’autonomie, nous avons besoin de progresser, d’évoluer. Nous avons aussi besoin de reconnaissance, de confiance, de respect. Nous avons besoin de travailler avec des personnes que l’on apprécie et qui nous apprécient. C’est en partant de ce constat que le C.H.O. va mener ses actions.

La Fabrique Spinoza, Mouvement du Bonheur au Citoyen, à l’origine de nombreuses études sur le Bonheur au Travail et le métier de C.H.O., définit 4 orientations principales au métier de C.H.O. :

  • Un axe dédié à la convivialité : Développer des actions en faveur d’une ambiance de travail positive qui laisse de la place à chacun pour être soi, s’exprimer et être entendu ; Créer du lien social, améliorer les relations internes ; Organiser des activités fédératrices.
  • Un axe autour de la communication : Faciliter la bonne circulation de l’information au sein de l’entreprise pour assurer une clarté des missions, une transparence de l’activité et faire en sorte que les collaborateurs se sentent engagés dans les projets et conscients de ce en quoi ils contribuent.
  • Un axe davantage orienté RH : Être un soutien à la fonction RH déjà présente et s’assurer que l’ensemble des process RH favorisent l’épanouissement des collaborateurs. Bien accueillir les nouveaux, bien les intégrer, favoriser la politique de formation des managers vers une posture plus bienveillante, etc.
  • Un axe organisationnel : Travailler sur l’organisation même du travail en évitant que des obstacles liés à l’organisation puissent entraver le travail des salariés. Aménagement des temps de travail, démocratisation du télétravail, favoriser l’équilibre pro/perso, etc.

Un projet bien-être au travail lancé par un C.H.O. est donc propre à chaque entreprise et différent selon les besoins exprimés par les salariés et la vision de la direction. C’est ce qui rend ce métier si passionnant !

Les 4 étapes pour se lancer dans la fonction de C.H.O.

Le C.H.O. en tant que garant d’une culture d’entreprise positive aura pour rôle premier de :

  • Écouter les collaborateurs,
  • Identifier les problèmes vécus par les salariés,
  • Trouver des solutions appropriées,
  • Proposer des outils en interne pour permettre à chacun de mieux se connaître, mieux collaborer et mieux performer,
  • Agir et créer des connexions entre tous les humains de l’entreprise,
  • Donner envie à chacun de porter le sujet du bien-être au travail.

Pour se lancer, la démarche du C.H.O. se structure en 4 étapes principales :

  1. Travailler sa posture : Être clair sur ses objectifs personnels en devenant C.H.O.
  2. Convaincre sa direction : Force est de constater que le poste de C.H.O. relève bien souvent d’une initiative venant d’un salarié en interne, aussi est-il nécessaire de préparer un bon argumentaire pour convaincre la direction du bien fondé du poste de C.H.O. et d’une démarche de bien-être au travail (si elle n’est pas déjà convaincue…).
  3. Fédérer les salariés dans la démarche : Initier les premières actions de « l’Opération Bonheur » dans l’entreprise et engager chacun dans la démarche.
  4. Pérenniser le projet de bien-être au travail : Rendre les collaborateurs ambassadeurs de la démarche et trouver des relais en interne pour porter le sujet.

Les qualités du C.H.O.

Beaucoup de bon sens et des qualités humaines indéniables sont un prérequis pour être C.H.O.

Ajoutez à cela un état d’esprit positif, un sens de l’organisation, de la pédagogie, de l’écoute et de l’empathie et beaucoup de dynamisme et de créativité.

Si le rôle de C.H.O. est de prendre soin des autres, attention à ne pas tomber dans les travers de s’oublier soi-même. Un C.H.O. doit aussi être bienveillant avec soi-même et accepter ses propres vulnérabilités et faiblesses. Le C.H.O. n’est pas une personne qui répand le bonheur dans une organisation d’un coup de baguette magique. Il n’est pas non plus la personne qui a toutes les solutions à l’épanouissement collaborateur. La démarche se co-construit et le bien-être au travail est une co-responsabilité, il est important de le rappeler.

Les profils de C.H.O. le plus souvent répertoriés ont des parcours orienté Ressources Humaines ou encore Communication/Marketing.

Où se former ?

À ce jour, il n’existe pas de formations officielles et certifiantes. Celles qui émergent abordent en France le sujet d’une façon différente. Surement dû au fait que les contours du métier ont encore du mal à être précisément définis.

La Fabrique Spinoza est la structure qui se distingue le plus sur ce sujet en réalisant de nombreuses études approfondies sur le Bonheur au Travail depuis des années. Elle propose aujourd’hui une formation pour « Devenir acteur du bonheur dans son organisation » et initie chaque année l’Université du Bonheur au Travail pour consolider ses connaissances et partager les expériences.

Sur Bruxelles, HappyPerformance délivre des formations sur deux jours, animées par Laurence Vanhée.

Au Danemark, la Woohoo Inc. fait figure de référence mondiale sur le sujet du Chief Happiness Officer avec l’emblématique Alexander Kjerulf, et propose des formations sur le métier.

Et si nous étions tous C.H.O. ?

Je crois que l’avènement du métier de C.H.O. est très symptomatique de notre société actuelle, de l’évolution du monde du travail et des attentes des nouvelles générations. Nous avons dépassé la vision d’un travail purement alimentaire et nous n’avons jamais eu autant besoin de sens dans ce que nous faisons, de contribution, de lien social, de liberté et d’autonomie qu’aujourd’hui.

Pour autant, la contrainte de temps à laquelle nous sommes tous soumis dans les entreprises nous empêche souvent de prendre du temps pour apprendre à mieux se connaître et connaître l’autre. Nous vivons bien souvent des vies professionnelles en mode pilote automatique et perdons le lien humain qui est crucial, non seulement au bon fonctionnement d’une entreprise, mais aussi à notre propre épanouissement.

Le C.H.O. apporte de la valeur en prenant justement le temps d’accorder de l’importance à chacun, faire que chacun soit entendu, apprécié et considéré à sa juste valeur. Le C.H.O. invite chacun à réellement se poser la question « De quoi moi j’ai besoin pour être plus épanoui dans mon travail, y trouver du sens, prendre du plaisir et me sentir engagé ? ».

Sachant que nous allons passer un tiers de notre vie au travail, pourquoi ne pas regarder la réalité en face et admettre l’importance pour nous tous d’être heureux dans son job ?

Le rôle du Chief Happiness Officer est essentiel dans l’entreprise pour éveiller les consciences à ce sujet. Mais attention ! La démarche doit être sincère, authentique et portée par une direction et un management qui se montre lui-même exemplaire.

J’aime penser que le C.H.O. n’est qu’un métier de transition, car dans quelques années l’épanouissement au travail de chacun sera inscrit en grandes lettres dans les objectifs des entreprises. J’aime croire que dans quelques années, il n’y aura pas un C.H.O. dans chaque organisation, mais nous serons tous les Chief Happiness Officer de notre propre vie !

Après tout, « L’homme ne crée jamais autant de valeur que lorsqu’il est heureux » !

Si vous voulez comprendre pourquoi il est essentiel d’oser le bonheur au travail sans attendre, téléchargez le livre blanc « 5 raisons d’oser le bonheur au travail en 2020 ».

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à propos de l’auteur : 

Julie Artis, Chief Happiness Officer engagée, est Facilitatrice en épanouissement professionnel et conférencière en bonheur et performance au travail. Julie accompagne les entreprises et les personnes à passer à l’action pour créer un quotidien professionnel épanouissant, gage de plaisir, de sens et de performance. Fondatrice de Génération C.H.O., le podcast du Bonheur au travail, elle a à cœur de démocratiser le métier de C.H.O. et transmettre au plus grand nombre des outils pour s’épanouir au travail.

Du cheminement individuel pour une meilleure connaissance de soi au cheminement collectif pour créer un environnement stimulant et vecteur de performance, il est possible d’apprendre à cultiver une nouvelle vision du travail et devenir acteur du bien-être au travail.

Article invité. Les contributeurs experts sont des auteurs indépendants de la rédaction d’appvizer. Leurs propos et positions leur sont personnels.

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