Le cycle en V est-il adapté à votre gestion de projet ?

Par Jennifer Montérémal
Mis à jour le 24 février 2021, publié initialement en septembre 2019
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Connaissez-vous le cycle en V, ce modèle de gestion de projet classique mais incontournable ?

Développée dans le secteur de l’industrie dans le courant des années 1980, cette méthode d’organisation des activités s’est au fur et à mesure étendue à d’autres domaines, notamment celui de l’informatique. Et de nos jours, nombre de structures trouvent le cycle en V encore fonctionnel pour le management de certains projets.

Néanmoins, avec les années, d’autres modèles de gestion de projet sont apparus. Nous avons de plus en plus entendu parler d’Agilité, de Scrum… le cycle en V ne tournerait-il pas rond ?

Pourtant, nous verrons qu’il reste une méthode de travail classique mais intéressante.

Souhaitez-vous savoir si le cycle en V peut répondre à vos besoins en matière de gestion de projet ? Cet article identifie ses avantages et ses inconvénients, et vous présente des logiciels adaptés ainsi que des méthodes alternatives. 

Mais avant toute chose, examinons la définition même du cycle en V.

Utilisation du cycle en V

Définition du cycle en V

Le cycle en V se définit comme un modèle de gestion de projet composé d’une phase descendante, puis d’une phase ascendante.

Inspiré du modèle en cascade, ou waterfall model, il implique le même principe de gestion séquentielle et linéaire, les allers-retours en moins (le cycle en W comprend des ajustements après retour d’expérience).

Voici à quoi ressemble le modèle de cycle en V :

cycle en vSource : sesp.esep.pro

Nous distinguons bien sur ce schéma toutes les étapes nécessaires à la réalisation complète d’un produit, de la formulation du besoin à la vérification finale de sa conformité avec ce même besoin.

9 étapes

Les neuf étapes peuvent être regroupées en trois phases : ainsi, nous saisissons mieux le cheminement du projet :

La conception (la partie descendante) :

La mise en œuvre :

  • 5 — par exemple, la réalisation des composants automobiles ou le codage en informatique ;

La validation (la partie ascendante) :

  • 6 — les tests unitaires, pour chaque composant ou fonctionnalité,
    ✅  cette étape fait écho à la conception détaillée et lui fait face sur le schéma du V ;

  • 7 — l’intégration et les tests d’intégration, sur le produit fini,
    ✅  cette étape permet de vérifier le fonctionnement du système défini à l’étape de conception générale ;

  • 8 — la validation, c’est-à-dire la conformité fonctionnelle du produit ou du logiciel par rapport aux spécifications communiquées par le client,
    ✅  cette étape est la validation du respect des specs définies en phase descendante ;

  • 9 — la recette ou le test d’acceptation par le client,
    ✅  cette étape est la validation de la conformité face à l’expression des besoins.

Vous avez maintenant saisi le principe, mais sans doute vous demandez-vous quels sont les avantages du cycle en V ?

Les différents rôles

Voici les différentes parties prenantes :

  • la maîtrise d’ouvrage ou MOA, c’est-à-dire le décideur ou le client,
  • la maîtrise d’œuvre ou MOE, l’exécutant, l’équipe projet,
  • l’assistance à maîtrise d’ouvrage (AMOA), le consultant tiers, le prestataire parlant au nom du client,
  • le comité de pilotage, les représentants de la MOA et de la MOE lors des réunions.

Avantages du cycle en V

Dans un premier temps, voyons pour quelles raisons le cycle en V s’est développé en opposition au traditionnel modèle en cascade :

  • Il évite les allers-retours durant le cycle de vie du projet : si des problèmes sont rencontrés, chaque étape de la partie ascendante peut s’appuyer sur la documentation produite lors de l’étape de la partie descendante correspondante (voir l’illustration ci-dessus).

  • Il apporte plus de précisions durant sa phase de test.

D’autre part, le cycle en V paraît assez intuitif et simple à mettre en pratique :

  • Il nécessite juste quelques réunions régulières pour le pilotage du projet et le suivi budgétaire. Quant à la documentation, elle peut être créée à partir de templates déjà existants.

  • Il requiert moins de formation et de prérequis pour son application que d’autres méthodes telles que Scrum.

  • Il s’adapte facilement aux projets impliquant des structures multisites, contrairement aux modèles de gestion de projet nécessitant des réunions quotidiennes.

Le cycle en V serait donc la recette miracle pour mener vos projets d’une main de maître ?

Seulement voilà…

Inconvénients du cycle en V

Depuis quelques années, le cycle en V est de plus en plus remis en question.

Voici les principaux reproches rencontrés :

  • Il tolère mal les changements.
    De par sa construction séquentielle et linéaire, le retour en arrière est impossible. Pourtant, il n’est pas rare de rencontrer des problèmes conceptuels lors de la phase de réalisation et de validation. Faut-il alors reprendre le cycle en V depuis le début ? Ou attendre le prochain cycle en V pour procéder aux changements ?

  • Il nécessite une documentation importante, perçue par certains comme une lourde perte de temps.
    De plus, si elle s’avère imparfaite, nous ne pouvons pas la rectifier lors d’étapes intermédiaires prévues à cet effet.

  • Il s’adapte difficilement à certains types de projets.
    Le développement logiciel, par exemple, supporte difficilement le manque de réactivité et la séparation entre la conception et la réalisation des activités.

  • Il peut être long.
    On court alors le risque que le produit dans sa version finale ne soit pas adapté aux évolutions apparues au cours de sa conception. C’est là tout le paradoxe d’un modèle qui n’admet pas le changement, alors que sa durée ne permet pas de l’éviter.

De toutes ces frustrations sont nées de nouvelles méthodes de travail.

Alternatives au cycle en V

Plusieurs alternatives au cycle en V existent. Mais nous nous concentrerons sur la méthode Agile, et plus particulièrement la méthode Scrum.

Cycle en V vs Agile

Nous avons coutume d’entendre parler de la méthode Agile. Mais en réalité il n’existe pas une mais des méthodes Agiles.

En opposition, entre autres, au modèle en cascade, elles se caractérisent par un processus :

  • itératif : contrairement au modèle séquentiel et linéaire, le modèle itératif implique la répétition d’un cycle d’opérations. Le projet est affiné au fur et à mesure de chaque itération ;

  • incrémental : il s’agit de toujours produire un peu plus à chaque fois, de construire le produit morceau par morceau jusqu’au rendu final.

La combinaison des deux « Mona Lisa » nous offre un bon aperçu de l’essence itérative et incrémentale de l’Agilité :

Mona Lisa agile : itératif incrémentalSource : jpattonassociates.com

Par ailleurs, il est important de souligner que les méthodes Agiles nécessitent l’implication de chacun, ainsi qu’une grande adaptabilité.

Une de ces méthodes rencontre néanmoins une grande popularité depuis quelques années ; il s’agit de la méthode Scrum, concentrée autour de :

  • 2 formes de découpage :
    • le découpage du temps en sprints, ou cycles de développement,
    • le découpage des tâches en user stories, ou besoins, fonctionnalités à développer ;

  • 3 grands rôles :
    • le Product Owner, sorte de chef de projet, interlocuteur entre le client et l’équipe de développement,
    • le Scrum Master, le chef d’orchestre de l’équipe Scrum,
    • l’équipe : elle accomplit les tâches, réalise le produit ;

  • des réunions rythmant les sprints, appelées cérémonies scrum.

Cycle en V vs Scrum, comment choisir ?

ThèmeCycle en VScrum

 

Cycle de vie

 

Phases séquentielles

 

Processus itératif

 

Livraison

 

À la fin de la réalisation de toutes les fonctionnalités
→ livraison tardive

 

Utilisation partielle du produit suite à la priorisation des besoins
→ livraison plus rapide

 

Contrôle Qualité

 

À la livraison finale (fin du cycle de développement)
→ effet tunnel

 

À chaque livraison partielle au client
→ suivi à court terme

 

Spécification

 

Pas de changement possible sans revenir à la phase de spécifications et repasser par toutes les autres phases
→ délais et coûts supplémentaires

 

Spécifications plus souples en ajoutant/modifiant les fonctionnalités aux sprints suivants qui n’étaient pas prévues au départ
→ principal atout de la méthode Agile

 

Planification

 

Plans détaillés basés sur des exigences stables définies dès le début du projet

 

Planification adaptative et ajustements si nécessaires en fonction des nouvelles demandes

 

Équipe

 

Intervention uniquement dans la phase de développement, pas de vision globale du projet

 

Engagements, échanges et prises de décisions collectives par l’équipe

 

Documentation

 

Quantité importante

 

Strict nécessaire

Source : islean-consulting.fr

Tout dépend, in fine, du type de projet sur lequel vous allez travailler et des équipes auxquelles vous pouvez faire appel. Car si Scrum a le vent en poupe, son utilisation ne vous met pas à l’abri de certaines contraintes.

  • Si vous avancez sur un projet complexe, mais disposez de peu de visibilité ;
  • vous êtes en mesure de mobiliser des équipes de manière active ;

✅  Optez pour Scrum. C’est la méthode permettant le plus de réactivité.

  • Si votre client ou vous-même possédez une totale maîtrise du projet ;
  • ou celui-ci comporte peu de risques ;
  • vous préférez vous appuyer sur la documentation fournie ;
  • vous mobilisez des collaborateurs que vous pouvez difficilement réunir de manière régulière ;

✅  Optez pour le cycle en V. Il permet des économies d’échelle intéressantes grâce au traitement de l’ensemble du périmètre du projet en un bloc.

Ça y est, vous avez fait votre choix ;-) ? Voyons à présent sur quels logiciels vous appuyer.

Sélection de logiciels pour votre gestion de projet

Pour vous aider dans le management de projets, il existe de nombreux logiciels. Oracle SCM, par exemple, s’adapte parfaitement aux projets liés au cycle de vie des produits.

Choisissez le vôtre en fonction de la nature de vos projets et de l’ampleur du portefeuille soumis à votre gestion. Pour vous aider, nous vous présentons une sélection de trois solutions incontournables sur le marché :

  • Bubble Plan — simple et graphique
    Que vous soyez novice ou expert, menez vos projets en toute simplicité avec Bubble Plan.
    Intuitif, graphique et rapide à prendre en main, Bubble Plan permet l’application de différentes méthodes de gestion de projet, dont le cycle en V et Scrum.
    Par ailleurs, son support vous accompagne dans la maîtrise optimale de l’outil, au moyen notamment de formations et de conseils personnalisés.

  • Planisware Orchestra : PPM pour grandes entreprises
    Très visuel, Planisware Orchestra assiste les PMO (Project Management Officers) dans la gestion, la priorisation et la planification des différents projets des grandes entreprises.
    En effet, Planisware Orchestra allie une vision à la fois stratégique et opérationnelle, permettant le management de projet en nombre illimité.
    Et bien sûr, cette solution combine différentes méthodes de travail (agile, cycle en V, state-gate, etc.), afin d’être en accord avec l’ensemble des objectifs.

  • Project Monitor : collaboratif et adaptable
    Disponible à la fois en mode SaaS et on-premise, Project Monitor met particulièrement l’accent sur la performance collective, en favorisant le travail collaboratif et l’échange entre tous les acteurs du projet.
    S’adaptant à tous les métiers (informatique, stratégique, R&D, etc.) et toutes les méthodes de travail, Project Monitor met à disposition des équipes une bibliothèque de différents modèles de projets : cycle en V, Scrum, Prince2, etc.
    Le tout en restant parfaitement simple d’utilisation !

Gestion de projet… à chacun·e sa méthode et son logiciel

En définitive, en matière de gestion de projet, à chacun·e sa méthode.

Si le cycle en V rencontre aujourd’hui de nombreux détracteurs, nous constatons qu’il s’avère toujours d’actualité dans certaines circonstances. À vous de peser le pour et le contre.

Pour vous aider à structurer et outiller votre bureau des projets, nous vous proposons ce livre blanc :

Une chose en revanche est certaine : la gestion d’un gros projet ou d’un portefeuille de projets conséquent implique l’utilisation d’un logiciel adapté. Et bonne nouvelle, beaucoup d’entre eux sont personnalisables, s’adaptent à vos besoins, à votre entreprise... et aux méthodes de travail que vous aurez préalablement déterminées.

De votre côté, êtes-vous plutôt cycle en V ou méthode Agile ? Quel modèle de gestion de projet privilégiez-vous ?

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