Comment calculer et améliorer votre capacité d'autofinancement ?

par Nathalie Pouillard le 09/11/2020
Comment calculer la capacité d’autofinancement et l’interpréter pour l’améliorer ? Tout ce qu’il faut savoir sur le calcul de cet indicateur financier !

Dans la grande famille des indicateurs financiers, la capacité d’autofinancement revêt une importance particulière.

La CAF témoigne de la santé financière de l’entreprise, son potentiel de développement, dans la mesure où elle représente l’excédent d’argent généré par son activité.

Les actionnaires, les investisseurs, les partenaires ou encore les collaborateurs y voient là un réel gage de bonne gestion financière.

Pour savoir comment calculer la capacité d’autofinancement, lisez la suite ⤵️

Qu’est-ce que la capacité d’autofinancement ?

Capacité d’autofinancement : définition et enjeux

La capacité d’autofinancement ou CAF est un ratio qui évalue :

  • les ressources générées par le cycle d’exploitation de l’entreprise à la fin d’un exercice comptable,
  • sa rentabilité ainsi que son potentiel en matière d’investissements ou de remboursements, pour développer son activité ou alimenter son fonds de roulement.

En résumé, c’est un indicateur qui permet de savoir si l’entreprise a besoin de ressources extérieures pour fonctionner et si son modèle économique est viable.

Pourquoi faire le calcul de la CAF ?

En plus des enjeux que nous venons d’aborder, connaître sa capacité d’autofinancement est judicieux à plusieurs niveaux pour une entreprise.

Elle lui permet notamment de calculer d’autres indicateurs financiers :

  • son taux de rentabilité : capacité d’autofinancement/chiffre d’affaires ;
  • sa capacité de remboursement des dettes = dettes/capacité d’autofinancement.

Comment la calculer ? 2 méthodes

Calcul de la CAF à partir du compte de résultat et du résultat net

À partir de votre compte de résultat :

  • prenez le résultat net et ajoutez-y les charges non décaissables comprenant :
    • les dotations aux amortissements,
    • les provisions pour risques et charges ;
  • puis soustrayez les produits non encaissables :
    • les reprises d’exploitation et les reprises financières et exceptionnelles,
    • les produits de cession d’éléments d’actif,
    • la quote-part des subventions d’investissement pour l’exercice comptable en question.
CAF = Résultat net + charges non décaissables - produits non encaissables

Exemple de calcul de la capacité d’autofinancement à partir du résultat net

En reprenant le tableau de notre article sur les soldes intermédiaires de gestion, dont nous rappelons que les chiffres sont fictifs et donnés à titre d’exemple :

tableau exemple pour calcul de la capacité d'autofinancement
  • ici le résultat net est de 243 000 € ;
  • les produits non encaissables sont nuls ;
  • les charges non décaissables s’élèvent à 3 000 € (dotations aux amortissements) ;
  • CAF = 243 000 + 3 000 = 246 000 €

Calcul de la CAF à partir de l’excédent brut d’exploitation (EBE)

La CAF peut aussi se calculer à partir de l’excédent brut d’exploitation, qui est, pour rappel, le résultat de ce calcul :
EBE = Production de l’exercice + Marge Commerciale + Subventions d’exploitation - Impôts - Taxes - Charges salariales

Le calcul de la CAF se fait alors ainsi :

CAF = EBE + produits encaissables - charges décaissables

Exemple de calcul de la capacité d’autofinancement à partir de l’EBE

En reprenant le même exemple et le même tableau :

  • ici l’excédent brut d’exploitation s’élève à 289 000 € ;
  • les produits encaissables à 1 500 € (produits exceptionnels) ;
  • les charges décaissables à :
    • 40 000 € (impôts sur les bénéfices),
    • 2 000 € (charges financières),
    • 2 000 € (charges d’exploitation),
    • 500 € (charges exceptionnelles),
    • soit un total de 44 500 € ;
  • CAF = 289 000 + 1 500 - 44 500 = 246 000 €.

Comment interpréter la capacité d’autofinancement et l’améliorer ?

Vous l’avez compris, la CAF démontre votre capacité ou non à être indépendant financièrement.

En cas de capacité d’autofinancement positive : votre entreprise génère des bénéfices suffisants pour couvrir son cycle d’exploitation.

Elle peut par conséquent :

  • alimenter sa trésorerie via son fonds de roulement ;
  • investir dans de nouveaux projets ;
  • verser des dividendes aux associés ;
  • rembourser ses dettes et le capital emprunté ;
  • demander de nouveaux financements en présentant ses bons résultats.

En cas de capacité d’autofinancement négative : votre entreprise ne génère pas encore (si elle est jeune), ou plus de bénéfices suffisants pour couvrir son cycle.

Elle doit rapidement améliorer sa capacité d’autofinancement en :

  • détectant les postes qui posent problème, notamment avec le calcul des soldes intermédiaires de gestion ;
  • procédant à des demandes de financements externes (banques, etc.) ou internes (apports au capital via de nouveaux actionnaires) par exemple.

Selon l’expert-comptable.com, la CAF devrait représenter :

  • 5 % du CA de l’entreprise si elle est soumise à l’IS ;
  • 15 % du CA de l’entreprise si elle est soumise à l’IR.

Quid de la CAF nette ?

Pour aller plus loin, vous pouvez calculer la CAF nette qui représente la capacité d’autofinancement après remboursement du capital emprunté :

CAF nette = CAF - remboursement du capital de l’emprunt sur la période évaluée

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