Comment calculer les soldes intermédiaires de gestion ?

par Nathalie Pouillard le 23/10/2020
Les soldes intermédiaires de gestion comptent parmi les indicateurs financiers et permettent d’apprécier la performance et la rentabilité d’une entreprise. Comment les calculer et les interpréter ?

Le solde intermédiaire de gestion, aussi appelé SIG, fait partie des indicateurs financiers à suivre en comptabilité, pour une bonne gestion de votre entreprise.

Pour être plus précis, il n’y a pas un solde intermédiaire de gestion mais plusieurs soldes intermédiaires de gestion.

Quels sont-ils et comment calculer les SIG ? Tableaux et exemples dans cet article !

Quels sont les différents soldes intermédiaires de gestion ?

Les soldes intermédiaires de gestion sont les résultats de calculs réalisés à différents stades d’une analyse comptable, à partir du chiffre d’affaires.

Il y a 9 SIG :

  1. la marge commerciale (ou marge brute) pour les entreprises commerciales,
  2. la production de l’exercice pour les entreprises artisanales et industrielles,
  3. la valeur ajoutée,
  4. l’excédent brut d’exploitation,
  5. le résultat d’exploitation,
  6. le résultat financier,
  7. le résultat courant avant impôts,
  8. le résultat exceptionnel,
  9. le résultat net de l’exercice.

Ces indicateurs financiers structurent les états financiers, mais on les retrouve aussi dans les comptes de résultat en fin d’exercice, ou dans les business plans lors de la création d’une entreprise.

À quoi servent les soldes intermédiaires de gestion ?

Le découpage du résultat de l’entreprise en soldes intermédiaires de gestion permet :

  • d’analyser sa structure financière à l’aide de plusieurs indicateurs de gestion notamment les éléments :
    • relevant de la production, de l’activité normale de l’entreprise,
    • liés à ses investissements et à ses financements,
    • présentant un caractère exceptionnel ;
  • d’analyser ses performances en détectant les produits et les charges qui ont le plus d’impact sur ses bénéfices ou ses déficits ;
  • de mesurer sa rentabilité ;
  • de comparer plusieurs exercices comptables dans le temps ;
  • de comparer les SIG, en pourcentage du CA, à ceux d’autres entreprises du secteur ;
  • de prendre des décisions et d’ajuster le pilotage de l’entreprise.

Les SIG contribuent également au calcul de sa capacité d’autofinancement (CAF), pour se développer, financer un nouveau projet et prouver sa santé financière aux actionnaires ou établissements bancaires.

Comment calculer les SIG ?

Voici un tableau récapitulant les calculs des soldes intermédiaires de gestion, dans l’ordre :

Tableau des SIG

Les SIG

Calcul SIG

Marge commerciale

= Ventes marchandises et services HT (CA)
- Achats marchandises HT

Production de l’exercice

= Production vendue
+ Production immobilisée
+/- Production stockée

Valeur ajoutée (VA)

Production de l’exercice
+ Marge commerciale

- Consommations intermédiaires (sous-traitance, etc.)

Excédent brut d’exploitation (EBE)

VA
+ Subventions d’exploitation
- Impôts & taxes
- Charges salariales

Résultat d’exploitation (REX)

EBE
+ Produits d’exploitation
- Charges d’exploitation
- Dotation aux amortissements et provisions d’exploitation

Résultat financier (RF)

= Produits financiers
- Charges financières

Résultat courant avant impôts (RCAI)

Résultat d’exploitation
+/- Résultat financier

Résultat exceptionnel

= Produits exceptionnels
- Charges exceptionnelles

Résultat net de l’exercice (RN)

RCAI
+ Résultat exceptionnel
- Impôts sur les Sociétés
- Participation salariale
(soit Total des produits
- Total des charges)

Tableau des soldes intermédiaires de gestion : exemple

Vous pouvez reporter vos soldes intermédiaires de gestion sur Excel ou utiliser un logiciel de comptabilité :

Ventes marchandises et services HT  

450 000

Achats marchandises HT  

120 000

Marge commerciale

450 000 - 120 000

330 000

Production produit annexe  

4 000

Sous-traitance  

14 000

VA

330 000 + 4 000 - 14 000

320 000

Charges de personnel  

30 000

Impôts et taxes  

1 000

EBE

320 000 - 30 000 - 1 000

289 000

Produits d’exploitation  

0

Charges d’exploitation  

2 000

Dotations aux amortissements  

3 000

REX

289 000 - 2 000 - 3 000

284 000

Produits financiers  

0

Charges financières  

2 000

Résultat financier

0 - 2 000

- 2 000

RCAI

284 000 - 2 000

282 000

Produits exceptionnels  

1 500

Charges exceptionnelles  

500

Résultat exceptionnel

1 500 - 500

1 000

Impôts sur les bénéfices  

40 000

Résultat net

282 000 + 1 000 - 40 000

243 000

Comment interpréter les SIG ?

Ces indicateurs de gestion permettent d’apprécier la performance de l’entreprise,

  • si elle est due à son activité normale ou plutôt à une activité exceptionnelle,
  • si ses résultats positifs sont à relativiser suite à une levée de fonds ou à un ralentissement des investissements par exemple, ou le contraire.

Quelques pistes d’interprétations :

  • la marge brute met en exergue la profitabilité de l’activité de l’entreprise, l’évolution de sa politique commerciale et ses capacités de négociation auprès des fournisseurs et des clients ;
     
  • la production de l’exercice inclut la production immobilisée, ce qui peut gonfler le résultat net de l’exercice mais cacher une baisse des ventes ;
     
  • la valeur ajoutée est le surplus de richesse créé par l’entreprise et démontre sa capacité à couvrir les salaires et les charges sociales ;
     
  • l’excédent brut d’exploitation est tout aussi révélateur, c’est le flux de trésorerie restant après versement des rémunérations et paiement des dettes fiscales et sociales, sans tenir compte des politiques d’investissement, de financement ni des événements exceptionnels ;
     
  • le résultat d’exploitation est la richesse dégagée à travers son activité, mais en tenant compte de sa politique d’investissement ;
     
  • le résultat financier montre sa situation financière, si elle est en situation d’endettement notamment ;
     
  • le résultat courant avant impôt mesure notamment l’impact de la politique financière menée sur le ou les derniers exercices ;
     
  • le résultat exceptionnel reflète une situation d’exception qui ne rentre pas dans l’activité normale de l’entreprise, il est normalement ponctuel et doit être relativisé ;
     
  • enfin le résultat net représente tout simplement le bénéfice ou le déficit de l’entreprise sur un exercice comptable. Il est fourni aux actionnaires pour déterminer la future politique de gestion et la possibilité de verser des dividendes, ou de faire des économies, entre autres.

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