Méthode agile : définition et 6 conseils pour la mettre en œuvre

Gestion de projet agile : définition et 5 conseils pour la mettre en œuvre

Qu’est-ce que la méthode agile ?

En adoptant un développement itératif et incrémental, elle se distingue d’une méthode de gestion de projet séquentielle et prédictive.

L’objectif, à terme, est de livrer un produit final capable de répondre au mieux aux besoins réels des utilisateurs et aux attentes du client.

Mais qu’entend-on vraiment par méthodes agiles ? Existe-t-il des différences entre méthode Scrum et agilité ?

Découvrez dans cet article les principes fondateurs des approches agiles ainsi que leur fonctionnement, suivi d’un focus sur le Scrum. Puis nous abordons les moyens de leur mise en œuvre dans votre organisation.

Levez les barrières et passez à l’Agile !

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Présentation de la méthode agile

Plus qu’une méthode, le mode agile est une approche, voire une culture dans la manière d’appréhender un projet.

Il se distingue des méthodologies plus traditionnelles de gestion de projet, qui suivent une trame linéaire et prédictive. En effet, les démarches classiques en cascade, appelées aussi méthode Waterfall ou cycle en V, ont un format figé avec des phases plus cloisonnées.

La méthode agile, elle, privilégie la flexibilité, la communication et la segmentation. Cette approche est notamment possible grâce à un mode de développement de projet à la fois :

  • itératif : le projet est découpé en cycles, ou itérations, durant lesquels on répète une série d’activités ;
  • et incrémental : des éléments fonctionnels sont réalisés successivement, petit à petit.

méthode agile : description itératif et incrémental

© medium.com

En embrassant l’agilité, on opte pour une méthode empirique avec :

  • des objectifs fixés à court terme : pas de planification dans les moindres détails du déroulement du projet ;
  • des prévisions au fur et à mesure de l’avancement, basées sur l’expérience : place aux réajustements permanents ;
  • des efforts de personnalisation : il s’agit de répondre aux besoins des utilisateurs avant tout et non aux spécifications précisées lors de la phase de conception ;
  • la réussite du projet en supprimant le fameux « effet tunnel » : celui-ci désigne l’absence de visibilité pendant l’avancement du projet jusqu’à son aboutissement. Cette insuffisance peut mener à un écart entre le résultat espéré par le client et le produit final livré.

Mais sur quels principes fondamentaux repose l’approche agile ?

Les grands principes de la méthode agile

Le Manifeste Agile

L’approche agile existe depuis bien longtemps. En effet, des travaux posant les bases de l’agilité sont réalisés depuis au moins les années 80.

Mais c’est en 2001 que sept professionnels éminents du développement se réunissent, mutualisent et formalisent leurs idées et leurs bonnes pratiques, et rédigent le Manifeste Agile.

Leur objectif ? Améliorer le développement de logiciels en s’appuyant sur quatre valeurs, résumées dans le tableau suivant :

Nous privilégions… plutôt que…
les individus et leurs interactions les processus et les outils
des logiciels opérationnels une documentation complète
la collaboration avec les clients la négociation contractuelle
l’adaptation au changement le suivi rigide d’un plan

De ces valeurs centrales sont issus les 12 principes suivants :

  • Obtenir la satisfaction du client grâce à une livraison régulière, et dans les meilleurs délais, des fonctionnalités attendues.
  • À tout moment du projet, rester ouvert aux demandes de changement, et considérer ces dernières comme des opportunités de donner de la valeur au projet.
  • Prévoir des livraisons fréquentes reposant sur des cycles courts de quelques semaines ou mois, avec des livrables opérationnels pour tester les fonctionnalités.
  • Favoriser une coopération étroite entre les utilisateurs et l’équipe de développement tout au long du projet.
  • Laisser plus d’autonomie aux parties prenantes en leur offrant un cadre de travail motivant, et leur faire confiance pour atteindre les objectifs fixés.
  • Privilégier un mode de communication en face à face plutôt que par des canaux de communication technologiques : les interactions sont plus riches et plus efficaces.
  • Se doter d’un logiciel opérationnel, une condition très importante pour avancer.
  • Suivre un rythme soutenable et constant, en adéquation avec les capacités de l’ensemble des acteurs.
  • Se concentrer sur la qualité technique et une bonne conception pour renforcer l’agilité.
  • Miser sur la simplicité, en allant à l’essentiel et en minimisant tout travail inutile.
  • Faire en sorte que l’équipe s’organise elle-même pour une meilleure performance.
  • Revoir régulièrement les méthodes de travail de l’équipe et réfléchir aux moyens de gagner efficacité, en adaptant les processus et les outils utilisés.

Les différentes méthodes agiles

S’appuyant sur les principes précédemment évoqués, plusieurs méthodes de gestion de projet se sont rattachées à l’approche agile :

  • Scrum,
  • Extreme Programming ou XP,
  • Lean,
  • Crystal Clear,
  • Adaptative Project Framework (APF),
  • Adaptative Software Development (ASD),
  • Agile UX,
  • Feature-Driven Development (FDD),
  • Dynamic System Development Method (DSDM), etc.

Mais si chacune possède des spécificités propres, elles s’appuient toutes sur le Manifeste Agile pour leur mise en application.

La mise en application de la méthode agile

Concrètement, si l’on s’appuie sur les principes du Manifeste Agile, nous retenons plusieurs grandes idées :

👉 La planification en amont de l’intégralité du projet est contre-productive. Des aléas ont de grandes chances de survenir. Ils peuvent amener à reprendre depuis zéro la planification, devenue obsolète pour le nouvel environnement.

Il s’agit donc de fixer des objectifs sur le court terme et de diviser le projet en plusieurs sous-projets. Après chaque objectif atteint, on passe au suivant, et ainsi de suite, jusqu’à l’accomplissement de l’objectif final.

👉 Les changements sont acceptés et accueillis comme des occasions de créer de la valeur supplémentaire. Ainsi, l’imprévu a sa place et incite l’équipe à réagir avec souplesse aux impondérables, et à ajuster ses processus de travail.

Les changements dans la demande initiale permettent aussi de donner un avantage compétitif au client.

👉 Une relation de confiance entre le client et l’équipe projet : le dialogue et la communication sont privilégiés. Ceci favorise la réactivité face aux exigences du client. Après ses révisions, chaque étape est validée. Les évolutions de ses besoins sont prises en compte et des ajustements sont opérés immédiatement, pour un produit final au plus près de ses attentes.

Finalement, l’agilité repose sur une évolution tout en flexibilité : rien n’est gravé dans le marbre au lancement, et l’équipe projet doit être prête à se confronter à la critique et à se remettre en question afin de constamment chercher à améliorer son mode de travail.

Face à un tel chamboulement des méthodes de travail, et parfois à la relégation au second plan de modèles de gestion de projet éprouvés pendant des années, nous sommes en droit de nous questionner sur les réels avantages de l’agilité… mais aussi ses inconvénients.

Avantages et inconvénients de la méthode agile

méthode agile : différences avec le modèle traditionnel

© orange-business.com

Les avantages

  • Une grande souplesse : les imprévus sont accueillis, pris en compte, et une plus grande réactivité est favorisée ;
  • La fréquence et la régularité des échanges : une relation solide de confiance et de collaboration se noue entre l’équipe et le client, qui est partie prenante même du projet. De plus, grâce aux retours et aux tests en continu, la fiabilité et la qualité du produit final sont favorisées ;
  • Un contrôle qualité constant : le client peut réajuster les résultats après chaque phase, selon ses besoins. Et en retour, les demandes client sont intégrées par l’équipe en temps réel. Il y a une visibilité réelle sur l’avancement du projet ;
  • Un meilleur contrôle des coûts, plus progressif : après chaque étape, l’équipe fait le point sur le budget consommé et celui restant. Cela enjoint à prendre des décisions en fonction du budget : poursuivre, suspendre voire annuler le projet.

Les inconvénients

  • Peu de documentation ou de supports écrits sont disponibles, car le dialogue est placé au centre de la méthode. Cela pose le problème de l’absence de trace écrite, ce qui peut être un frein aux passations par exemple ;
  • Cette approche implique une grande disponibilité du client afin que ce dernier soit pleinement acteur de son avancement (réponse à ses demandes, recadrage, etc.) Or, les clients ne sont pas tous disponibles ou intéressés pour s’investir à ce point dans la mise en œuvre d’un projet ;
  • La méthode n’est pas universelle et difficilement applicable dans les structures au fonctionnement fortement hiérarchique. En effet, l’agilité repose sur la collaboration et donc un mode plus horizontal que vertical ;
  • Un contrôle des coûts est permis certes, mais la vision à long terme du budget du projet dans son ensemble est limitée. Le client est-il prêt à donner plus de flexibilité à son budget et éventuellement débourser des sommes non prévues ?

Du coup, que choisir ? Approche agile ou prédictive ?

En réalité tout dépend de la structure de votre entreprise, de l’expérience de vos équipes et de la nature du projet. En effet, si votre produit final bénéficie d’une vision claire et précise, mais que vous disposez de peu de flexibilité en matière de temps et de budget, un modèle type Waterfall est à privilégier.

En revanche, un projet complexe, et dont les lignes ne sont pas clairement définies, appelle l’agilité.

Mais en pratique, comment devient-on agile au quotidien ?

Focus sur l’application des méthodes agiles avec la plus célèbre, documentée et éprouvée d’entre elles : Scrum.

Focus sur la méthode agile Scrum

D’abord conçue spécifiquement pour les équipes de développement, et leurs projets techniques, la méthode Scrum est désormais applicable à tout type de business ou projet, notamment marketing.

Véritable framework de management de projet, Scrum place le changement au cœur de son développement : si une déviation est constatée par rapport aux objectifs fixés pendant les phases de réalisation du projet, alors la démarche et les processus sont adaptés pour répondre aux nouveaux besoins.

Par ailleurs, la méthode Scrum repose sur la segmentation :

  • du temps : le projet est fragmenté en sprint (ou itération) de deux à quatre semaines,
  • des tâches : les fonctionnalités du produit sont déterminées à l’aide de user stories révélant les exigences du client et les besoins des utilisateurs. Ces exigences sont recueillies dans le product backlog.

Cette segmentation permet à l’équipe de se concentrer sur une partie limitée et maîtrisable des fonctionnalités à intégrer. Elle est ainsi plus à même de réajuster au fur et à mesure.

méthode agile : méthode scrum

© Bubble Plan

Pour que la méthode fonctionne, elle doit s’appuyer sur des parties prenantes aux rôles bien définis.

Les parties prenantes de la méthode Scrum

Nous en dénombrons trois :

  • le Product Owner (propriétaire du produit) : sorte de chef de projet, il porte la vision du produit,
  • le Scrum Master (maître de mêlée) : il est le garant de la méthode et des valeurs Scrum,

la Team (équipe) : elle réalise le produit.

Partie prenante Rôle
Product Owner
  • représente les intérêts du client
  • intervient sur la partie fonctionnelle
  • définit les fonctionnalités du produit final
  • redéfinit les priorités des tâches et les spécificités du produit au fil des sprints
Scrum Master
  • partie intégrante de l’équipe, il est coordinateur du projet
  • garant de l’application du cadre méthodologique Scrum par l’équipe
  • favorise les interactions, le travail en autonomie et la communication
  • tel un coach, il aide l’équipe à avancer tout en cherchant en permanence à s’améliorer
Team
  • les membres de l’équipe qui travaillent sur le projet
  • l’expertise métier (souvent les développeurs)

Le cadre de la méthode Scrum

Pour être appliquée correctement, la méthode Scrum est rythmée par des réunions régulières et standardisées :

Réunion Objectif
Planification Avant de commencer un sprint, l’équipe se réunit afin de choisir les tâches prioritaires dans le product backlog. Celles-ci devront être exécutées, testées et livrées avant la fin de l’itération.
Revue Il s’agit d’une démonstration présentant au client, au terme de chaque sprint, les fonctionnalités livrables.
Rétrospective À la fin de chaque itération, l’équipe se rassemble pour discuter des difficultés rencontrées et dégager des pistes dans une perspective d’amélioration continue.
Mêlée quotidienne

Cette réunion quotidienne de 15 minutes environ est l’occasion de suivre l’avancement du travail de chacun. Pour ce faire, chaque membre de la team explique :

  • ce qu’il a fait hier,
  • les éventuels problèmes rencontrés,
  • ce qu’il va faire aujourd’hui.

La réussite de l’application du système scrum va en grande partie avec le respect de la méthode décrite ci-dessus. Il en va de même pour toute méthode agile.

Néanmoins le respect d’un cadre prédéfini n’étant parfois pas suffisant, nous vous livrons six conseils pour vous assurer le succès dans la réalisation de vos projets en mode agile.

Les 6 clés du succès de la méthode agile

N° 1 : diminuer l’effet tunnel

Le meilleur moyen d’appréhender les besoins des utilisateurs et du client est de permettre à ces derniers de tester le produit au fur et à mesure en situation réelle.

Un produit réussi est celui qui correspond le mieux aux besoins des utilisateurs.

L’effet tunnel se produit généralement lorsque la maîtrise d’ouvrage et l’équipe de projet se concertent uniquement au lancement du projet et à la fin, sans interagir pendant la phase de réalisation du projet (le fameux tunnel), alors que celle-ci est la plus importante. Ainsi, l’absence de visibilité peut conduire à des insatisfactions du client et à des frustrations de la part des utilisateurs.

Pour éviter cela, il s’agit de réduire le délai entre la formulation d’un besoin et la concrétisation de la fonction correspondante. Le produit est enrichi au fur et à mesure et sa conformité est vérifiée régulièrement.

N° 2 : rester ouvert aux changements

Dans tout projet, même s’ils restent mineurs, les aléas sont inévitables. Plus encore que ce type d’impondérables, les équipes de projet sont parfois confrontées à des changements de cap et de directives par rapport au lancement.

De tels changements doivent être considérés comme des opportunités plutôt que des obstacles. En effet, de nouvelles idées peuvent émerger et apporter des fonctionnalités au produit non planifiées initialement et créer ainsi un apport de valeur.

L’ouverture au changement est primordiale pour créer les conditions optimales de l’innovation.

N° 3 : communiquer efficacement

Une communication directe plutôt qu’interposée via des outils de communication : les mails, les notifications, les spécifications écrites dans un document sont autant de vecteurs de communication qui peuvent mener à une mauvaise compréhension.

Finalement, communiquer en face à face reste la clé : tous les acteurs rassemblés, sans intermédiaire entre le responsable du produit, qui représente les utilisateurs, et l’équipe de développement pour le côté fonctionnel. L’interaction est cruciale au quotidien pour tendre vers un objectif clair orienté « produit ».

N° 4 : privilégier l’essentiel

Le cahier des charges d’un projet est souvent très fourni et contient plus de fonctionnalités que nécessaire, dont la plupart ne seront peut-être même pas utilisées. Il s’agit d’adopter une démarche minimaliste en donnant la priorité aux fonctionnalités à la plus grande valeur ajoutée.

Ainsi, une première version du produit doté de ses fonctions essentielles pourra rapidement être mise au point, puis testée par les utilisateurs. Selon les résultats des tests, d’autres fonctionnalités pourront être ajoutées, modifiées, perfectionnées, etc.

N° 5 : viser l’amélioration continue

L’idée n’est pas d’élaborer un plan parfaitement détaillé du projet avant même son lancement, mais de tester les pratiques et les techniques efficientes pour un projet unique. Grâce aux itérations, l’équipe remet régulièrement en cause sa façon de travailler et se fonde sur une approche empirique pour optimiser son efficacité.

Il est ainsi permis de conserver les méthodes « gagnantes » ou de rejeter les moins efficaces, toujours dans l’optique d’améliorer le processus de réalisation global. L’expérience venant avec la pratique, on peut lancer plus tôt le projet et perdre moins de temps à le planifier.

N° 6 : utiliser le bon logiciel

Pour appuyer la méthode agile, rien de tel qu’un logiciel adapté. Nous vous en présentons quelques-uns.

Le logiciel de gestion de projet et de PPM CA Clarity PPM favorise une approche agile en intégrant notamment un tableau Kanban :

méthode agile : visuel CA Clarity PPM

La plateforme collaborative monday.com est parfaitement adaptée à l’agilité, notamment grâce à des fonctionnalités de gestion des rôles Scrum, du backlog et une vue Kanban.

méthode agile : visuel monday.com

De même, le logiciel Planview s’utilise très bien à l’appui de la méthode Scrum, car il intègre nativement des outils tels que Kanban ou encore Backlog items.

méthode agile : visuel Planview

Enfin, compatible avec toutes les méthodes de gestion de projet, le logiciel Sciforma sera également un allié pour planifier et gérer vos projets selon les méthodologies agiles.

méthode agile : visuel Sciforma

En route vers l’agilité

Plus qu’une méthodologie, l’Agile est un véritable état d’esprit qui nécessite d’adopter une toute nouvelle approche dans la gestion de projet, loin des méthodes conventionnelles en cascade. Le défi principal, au cœur de l’agilité, est de livrer de la valeur le plus tôt possible pour satisfaire le client dans un environnement qui tend à se complexifier (concurrence, incertitude des évolutions du marché, etc.).

Finalement, grâce à ses trois piliers que sont la proactivité, l’action et la réactivité, l’Agile permet de créer et de livrer un produit de qualité et à grande valeur ajoutée, tout en s’adaptant aux changements de son environnement.

Pour cela, des principes et des valeurs doivent guider toute conduite de projet agile, et des logiciels facilitant le travail collaboratif, comme nous l’avons évoqué, peuvent être des atouts majeurs.

Avez-vous adopté la culture de l’agile dans votre organisation et, si oui, quels sont vos retours d’expérience ? Si non, quels sont vos freins ?

Article mis à jour, publié initialement en mai 2019.

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